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"Influences Anthropocènes" Exposition à la galerie Menouar




Exposition collective des lauréats du fonds culturel de l'ermitage.

C’est dans la Galerie Menouar, que Martine Boulart, présidente du Fonds culturel de l’Ermitage, Rabia Menouar, directrice de la Galerie Menouar et Esther Ségal, commissaire général, présentent l’exposition intitulée « Influences Anthropocènes ».

Un hommage célébrant dans cette exposition d’art contemporain, les 9 ans de l’Ermitage avec par ordre de promotion, les artistes internationaux lauréats de l’Ermitage de 2014 à 2022 : Claude Mollard, Esther Ségal, Valérie Honnart, David Daoud, Jérôme Delépine, Misha Sydorenko, Constance Fulda, dans une présentation d'œuvres subtiles et percutantes.

Les tableaux, présentés dans « INFLUENCES ANTHROPOCENES », nous entrainent dans un parcours d’expressions diversifiées. Les artistes nominés explorent et montrent par leur idéal esthétique de la beauté, les agissements de l’activité humaine sur notre planète et les conséquences complexes et intrusives de la modernité dans notre vie, par leurs regards uniques, que seul l’Art, par sa grâce, leur permet de rendre visible, l'invisible.

Artistes lauréats du Fonds culturel de l’Ermitage de 2014 à 2022 CLAUDE MOLLARD (Prix 2014), par la photographie, révèle l’infinie richesse des formes et couleurs des dessins et structures de la nature, tout en y lisant l’universalité des visages humains qu’il appelle Origènes, les êtres des origines. Il fonde ainsi notre proximité avec la nature dont l’homme est originaire. Le visage comme identité mais aussi parfois comme apparence planétaire. Les Origènes guident de plus en plus des contes ou épopées, images et écrits mêlés, pour sonner l’alarme avec humour face à notre ingratitude, pleine de prétention et d’insouciance, pouvant conduire au meurtre de notre terre-mère. Le visage se dresse et s’y oppose.

ESTHER SEGAL (Prix 2017), comme Claude Mollard, s’inspire des formes naturelles de l’Ermitage ou d’ailleurs. Ses photographies transforment la relation entre feuillage et eaux, ciels ou miroirs, en des mariages abstraits-concrets, hymnes à la beauté créative des espèces naturelles transformées en éther de l’espace. Des vues plongeantes complétées par des marquages sur papier qui, obstinément répétés, respectent l’image en se l’appropriant par des signes d’alphabet braille. Regarder n’est-ce pas apprendre à lire pour sortir de l’aveuglement ?

VALERIE HONNART (Prix 2019) commence par peindre un fond artificiel et naturel, en teignant sa toile de soie marouflée, avec du thé rouge qui lui apporte ses couleurs. Sur ces véritables continents cernés de mers, elle dessine et peint, tout à la fois, à l’encre de Chine : des scènes 3 réunissant humains et arbres, en arrêts sur images, dans des ambiances de délitement, de tendresse, de solidarité, face à la chute angoissante d’un monde qui ne sait d’où vient la menace imminente. Le rocher roule ou s’écroule. L’arbre penche, on s’y accroche, il tient encore. Sisyphe n’est pas loin. Regarder c’est éviter le choc.

DAVID DAOUD (Prix 2020) marche sur la scène de crépuscules étranges, sombres et pourtant colorés. Tout autour, rodent des ombres humaines parmi des paysages mélancoliques, des villages déserts où les routes ne conduisent nulle part. Mais peut-être partout ? Où est passé l’horizon ? Des êtres se cherchent, peuvent-ils se trouver ? Se retrouver ? Les nuages plombent l’atmosphère. La rencontre sera muette. Seule restera la vision suspendue dans l’espace et le temps.

JEROME DELEPINE (Prix 2021), le crépuscule semble noyer l’arbre lointain et la colombe qui passe, comme un espoir fragile, dans des nuages de vapeurs blanches impuissantes à lutter contre les avancées de l’obscurité. Un corps se tord sous l’effet de l’éclair, l’oiseau ne sait où s’envoler. Seul le halo de la lune donne encore quelque sens à la terre disparaissant dans une nuit épaisse. Regarder n’est-ce pas voir au-delà du visible ?

MISHA SYDORENKO (Nominé 2022) appelle à lui l’allégorie de l’Automne, comme pour la supplier de ne pas nous soumettre à l’épreuve de l’Hiver, signant l’arrêt de mort de la nature. Anthropocène hiver ou printemps à venir ? Réponse donnée par Artémis, déesse grecque porteuse de lumière - sans être « lucifer » - identifiée à la lune, qui luit sous les nuages. De son arc redoutable, elle poursuit les animaux sauvages, punit ses ennemis, nous rappelant que tel sera le châtiment des humains coupables d’irrespect envers la lumière solaire, souveraine de notre planète Terre. Regarder c’est baisser le front devant le soleil.

CONSTANCE FULDA (Nominé 2022) se verrait bien, comme Baucis, transformée en arbre : elle recueille les empreintes de leurs troncs, jusqu’à leur faîte, pour mieux les saisir en leur totalité. Comme faisait Frans Krajcberg, premier artiste anthropocène du XXème siècle. L’écorce, peau de vie des arbres, expression favorite. Sous son abri, se cachent les mystères humectés de leurs sèves multiples. Quand elle saisit le pinceau et la colle, c’est pour peindre comme font les écorces elles-mêmes. Et elle puise à la source les pigments lui permettant de tracer la vie, comme Giuseppe Penone, pour peindre naturellement la nature avec la nature.

Artistes lauréats du Fonds culturel de l’Ermitage de 2014 à 2022 Claude MOLLARD, Prix 2014 Esther SEGAL, Prix 2017 Valérie HONNART, Prix 2019 David DAOUD, Prix 2020 Jérôme DELEPINE, Prix 2021 Misha SYDORENKO, Nominé 2022 Constance FULDA, Nominée 2022

Galerie Menouar - 16 Rue du Parc Royal - 75003 Paris -

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